IGOR ANIC : LE RETOUR DU CHAMPION

Publié le 30.01.2014

Igor Anic, reprend l'entraînement avec son titre de Champion d'Europe. Pour nous, il revient sur ce magnifique Euro

Que ressent-on lorsque l’on devient champion d’Europe ?
C’est un aboutissement dans une carrière sportive ; déjà être en équipe de France est un aboutissement en soi. Lorsque l’on fait une compétition, on a envie de la gagner ; nous ne partions pas forcément favoris même si nous avons gagné. C’est vraiment quelque chose de magnifique.

Comme tu l’as dit, vous n’étiez pas favoris pourtant vous avez « survolé » cette compétition ?
Au fur et à mesure de la compétition, nous sommes devenus de plus en plus favoris. Au début nous étions des outsiders, le Danemark, la Croatie, l’Espagne étaient favoris. Les gens ne savaient pas si nous avions une équipe performante, car même s’il y avait de bons joueurs, il y avait des nouveaux aussi. Je pense qu’au fil des matches nous avons grandi et progressé, nous sommes devenus de mieux en mieux et nous sommes devenus champions d’Europe.

Tu as effectué un bon Euro, avec de bonnes rentrées, es-tu satisfait ?
Oui je suis satisfait, je partais avec l’idée de ne pas beaucoup jouer. Je pensais rentrer un peu pour faire souffler s’il y avait besoin ou si le score s’y prêtait. J’ai saisi ma chance lors du match face à la Pologne. Je rentre à la fin lorsque Cédric (Sorhaindo) se blesse, il n’y avait pas trop le choix (Igor fait 4 sur 4 et inscrit le but de la victoire) et je pense que c’est ce qui a permis au coach d’avoir confiance et de voir qu’il pouvait peut être me donner un peu plus de temps de jeu que prévu. Cela a été le déclic pour moi mais aussi pour l’équipe, car gagner ce match, qui a été difficile du début à la fin, nous a permis de bien rentrer dans la compétition.


Ton retour en France était pour réintégrer l’Equipe de France, tu n’as pas été retenu pour les mondiaux l’année dernière, as-tu été frustré ?
Je revenais en France clairement pour réintégrer l’Equipe de France. Cela fruste forcément car on préfèrerait faire parti du voyage que de rester à la maison. Après frustré plutôt de manière positive car ça m’a permis de continuer à travailler, d’essayer de progresser au maximum pour la fois d’après intégrer le groupe.

Comment expliques-tu ta sélection à l’Euro cette année ?
Quand Bertrand Gilles revient dans le groupe au mois de novembre c’était un peu flou. Il se blesse de nouveau, du coup la porte est ouverte. Il y a une concurrence avec Afgour et Karabatic ; j’ai donc essayé de donner mon maximum pendant la préparation, de montrer au staff ce que je pouvais apporter au groupe. C’est peut être un concours de circonstances et un peu de chance.

En quoi Cesson t’a aidé à atteindre ton objectif ?
Cesson a joué un rôle majeur dans l’aventure. Peut-être que si j’étais rentré dans un autre club ça ne ce serait pas passé de la même manière. Ici, je côtoie un groupe extra, avec qui je m’entends très bien et qui m’a permis de m’épanouir. Le coach m’a donné du temps jeu et m’a fait confiance. Cela m’a permis de mieux intégrer l’Equipe de France car je me sentais bien dans ma tête et si je me sens bien dans ma tête, forcément je me sens bien physiquement et au travail. Cesson aura, même une fois ma carrière de handball terminée, une place toute particulière dans mon cœur.


Les performances en club sont-elles essentielles à la sélection ?
Les performances en club sont bien sûr importantes mais ne sont pas forcément décisives dans le choix des joueurs qui restent et qui jouent. A Cesson, je fais parti des joueurs qui sont amenés à jouer beaucoup en attaque et en défense. En Equipe de France j’étais plus dans un rôle secondaire et on aurait pu faire appel à moi uniquement en attaque. On s’aperçoit que ce n’est pas forcément la même chose en club ou en sélection. Ce qui compte c’est l’harmonie du groupe, chacun a son rôle défini et il faut se fondre dans la masse, être capable d’intégrer le groupe. J’avais un rôle différent de celui que j’ai à Cesson et j’ai su l’accepter et en tirer parti.

Avec un père joueur, devenu entraîneur, finalement étais-tu prédestiné à devenir handballeur ?
Je n’ai jamais été poussé, j’ai commencé le hand très tôt mais parallèlement j’ai pratiqué le tennis et le basket. Mes parents ne m’ont jamais forcé, je suis revenu au Handball naturellement car depuis que je sais marcher, je gambade dans les salles de hand comme mon fils qui a 5 mois et qui est déjà dans les salles tous les week-end. C’était peut être prédestiné car nous vivions handball à la maison, les discussions tournaient souvent autour du hand. Aujourd’hui lorsque j’ai mon père au téléphone nous parlons souvent handball.

Es-tu d’autant plus fier de ton parcours vis-à-vis de ton père ?
Je suis fier car je sais qu’il est fier et heureux déjà car il y a le titre de Champion d’Europe. Mais lui a l’œil du père mais aussi de l’entraîneur et du joueur, il m’a dit qu’il était content et fier de mes prestations, ça fait chaud au cœur. Je suis plus que fier que mon père soit content de mes performances, ça fait parti aussi de mes objectifs.

Pendant l’Euro, te donnait-il des conseils ?
Je l’avais quasiment tous les jours au téléphone, surtout après les matches. Nous faisions une analyse du match et de ma performance si j’étais amené à jouer. Il avait toujours un œil critique sur ma performance, il ne passe pas par quatre chemins pour dire ce qu’il pense. Quand je fais quelque de bien il me dit mais ile me fait remarquer ce qui est moins bien afin de faire avancer. On a souvent eu des discussions par rapport au match, à ce que j’aurai du faire ou ce que je fais qui était bien.

Tu reprends directement l’entraînement avec Cesson, pas trop dur de revenir à la réalité ?
Je ne pense pas, nous sommes tous conscients qu’il y a la 2ème partie du championnat. Nous n’avons pas le choix, il faut se remettre dans le bain, d’autant qu’à Cesson nous avons fait un bon début de saison et ce serait bien de continuer sur notre lancée. Je suis d’autant plus fier de recommencer à travailler avec ce groupe pour essayer de grappiller des points là ou l’on ne nous attend pas et faire le meilleur classement possible à la fin de la saison.

Tu n’as donc plus la tête à l’Euro mais au championnat ?
J’ai rangé le sac de l’Equipe de France et j’ai ressorti le sac de Cesson et c’est reparti en mode club…au moins jusqu’au prochain rassemblement. Pour l’instant on se remet à travailler avec Cesson.