INTERVIEW DAVID CHRISTMANN

Publié le 13.02.2014

David Christmann évoque pour nous son métier d'entraîneur.

C’est la 1ère année que l’objectif affiché n’est pas le maintien mais de finir dans la partie haute du classement, est-ce plus stressant ?
Oui nous avons peut-être un peu plus de pression, mais dans le haut niveau elle est permanente ; c’est quelque chose qu’il faut savoir dompter. Les objectifs sont souvent fixés comme un challenge, soit nous n’avons pas beaucoup d’ambition et nous jouons le maintien avec l’avant dernier budget, dans ce cas nous avons l’impression de faire une très bonne saison lorsque nous finissons 7ème, soit nous fixons des objectifs un peu plus ambitieux. Le groupe n’ayant pas beaucoup évolué depuis la saison passée, même si nous avons ramené une plus value sur certains postes, il était légitime d’avoir un peu plus d’ambition cette saison (finir dans la partie haute du classement). Aujourd’hui, nous réalisons de belles performances même si nous avons une 2ème partie de championnat plus délicate avec 5 matches à domicile et 8 à l’extérieur. Nous sommes actuellement bien classés mais le but et d’essayer de faire mieux et d’obtenir plus de points que la saison dernière (26 points). Actuellement nous sommes à 14 points, nous pouvons donc améliorer notre record de points et pour autant finir 7ème.

Après une bonne 1ère partie de saison, une bonne préparation, vous vous inclinez à Saint-Raphaël, est-ce une déception ?
Il y a forcément de la déception et de la frustration mais il y en a autant à Saint-Raphaël qu’à Dijon, car nous ne sommes pas loin de prendre des points et finalement nous revenons les valises vides. Par contre, ce qui est positif, c’est que les équipes ne viennent plus à Cesson la « fleur au fusil » en se disant qu’elles vont prendre les 2 points et elles ne nous reçoivent pas en pensant que ce sera facile. Cela prouve que nous sommes respectés dans ce championnat et que les joueurs évoluent et progressent. Nous jouons les matches les uns après les autres sans nous mettre une pression permanente. Notre classement nous permet d’être un peu plus sereins, à l’inverse des autres équipes de bas de tableau. Je pense que c’est pour cela que nous sommes plus libérés, notamment à l’extérieur. J’aime l’état d’esprit de l’équipe qui lutte en permanence. Les leaders et anciens du groupe arrivent à maintenir et à transmettre cet état d’esprit aux jeunes.

Comment expliques-tu le fait que l’équipe soit plus performante à l’extérieur ?
Je ne sais pas. Ceci dit, nous avons gagné les matches importants à domicile (Sélestat, Tremblay, Ivry) et fait un nul contre Chambéry. Nous avons perdu contre le PSG et Nantes, ce qui n’est pas dramatique. Nous avons de bons résultats à domicile mais ce que je constate depuis 2 ans c’est que nous créons nos surprises quasiment tout le temps à l’extérieur. Les rencontres à domicile sont parfois plus crispées mais pour autant nous avons des résultats. Faire des performances à l’extérieur nous permet d’obtenir un meilleur classement à la fin de la saison. Nous devons impérativement gagner les matches contre les équipes qui luttent pour le maintien et tenir tête à celles qui luttent pour l’Europe. A l’extérieur nous sommes capables de tout, c’est la philosophie de ce groupe.

Tu entraînes depuis 16 ans, dans quels domaines as-tu le plus évolué ?
Je pense avoir évolué dans tous les domaines. C’est un métier où l’on progresse beaucoup avec l’expérience. J’ai dû gravir les échelons, je n’ai pas de médaille autour du cou, je ne suis ni champion du Monde, ni champion d’Europe ; il y en a pour qui le parcours est plus simple au départ. Chaque évènement, chaque confrontation apporte quelque chose dont on se sert au fil du temps. Lors du dernier match à Saint-Raphaël, sur le dernier ballon, je n’ai pas eu le réflexe de faire une défense homme à homme tout terrain et à la fin du match je me dis que nous avons pris 2 joueurs en strict alors qu’il aurait fallu prendre tout le monde et mettre un libéro derrière.
Au fil du temps, chaque personne gère son groupe, manage son équipe d’une manière qui lui est propre. Je puise beaucoup dans le passé pour construire l’avenir. Le handball n’est pas l’exclusivité d’une certaine caste.

Souvent les joueurs ont des modèles, des idoles, est-ce le cas lorsque l’on est entraîneur ?
Je me suis beaucoup inspiré de Daniel Constantini qui, pour moi, est le meilleur entraîneur français et celui qui a le plus apporté au handball français. J’ai passé l’âge d’avoir des idoles mais il a été un exemple, j’ai beaucoup d’estime et d’admiration pour lui. Cela est aussi le cas de Patrice Canayer, qui fait partie, selon moi, des meilleurs entraîneurs français et sur qui je me suis appuyé dans mon travail lorsque nous étions en D2.

Quels sont tes objectifs en tant qu’entraîneur ?
Il y a des chemins sans doute plus courts que celui que je prends. Aujourd’hui Cesson est en construction et n’a pas beaucoup de moyens. Il y a donc 2 solutions, soit on va voir ailleurs vers des clubs qui ont plus d’argent, soit on reste à Cesson et on essaye de grandir avec ; j’ai choisi la 2ème solution. Je suis un entraîneur attaché à mon club mais également aux valeurs des gens qui le gèrent. Actuellement le club n’a pas les moyens de jouer l’Europe mais nous sommes en train de construire un club et une équipe pour se rapprocher de cet objectif. Financièrement, nous sommes encore loin des Européens, nous pouvons juste les embêter en championnat. Mais à terme mon objectif est de jouer l’Europe avec le Cesson Rennes Métropole HB.

Le recrutement commence, gère-t-on cette période différemment au sein d’un groupe ?
Je gère le groupe de la même manière. A partir du moment où les joueurs sont sous contrat jusqu’au 30 juin, je les utilise tout à fait normalement sans arrière pensée. Aujourd’hui nous nous sommes entretenus avec tous les joueurs, nous connaissons les envies de chacun, il était nécessaire de communiquer rapidement pour que les choses soient claires et qu’il n’y ait pas d’ambigüité ou de périodes de doute.