Interview : Dominique Verdon

Publié le 30.06.2020

Entretien avec Dominique Verdon, consultant handball à beIN SPORTS

Quel est votre parcours dans le monde du handball ? De vos débuts à ce jour ? 

Le handball je suis tombé dedans quand j’étais gamin, j’ai passé l’essentiel de ma carrière en tant que joueur à Bordeaux, et derrière, assez rapidement je suis monté en Île-de-France où là j’ai entamé une carrière d’entraîneur. Il y a deux passages qui ont marqué ma vie, un au Paris Saint-Germain « version Canal Plus » pendant une dizaine d’années, puis derrière un passage à Ivry en tant que directeur technique également pendant une dizaine d’années. C’est finalement un parcours assez significatif avec un titre dont je suis assez fier, celui d’Ivry champion de France en 2007. 
Depuis dix ans je suis consultant handball pour beIN SPORTS, où je commente les matchs féminins et masculins, et principalement des matchs de ligue des champions, de fait j’ai plutôt une bonne connaissance du handball européen. Je couvre également les mondiaux et championnats d’Europe masculin et féminin. 

Quel regard et analyse portez-vous sur le CRMHB ? 

Le premier regard que j’ai c’est que le CRMHB est un club indispensable dans la cartographie et dans l’équilibre territorial du handball français, et peut-être même européen à terme. C’est fondamental d’avoir une place forte comme celle-ci dans une région tellement importante qu’est la Bretagne. 
Il faut mettre en œuvre tout ce qui est possible pour que ce club puisse arriver à stabiliser sa position, parce que stratégiquement c’est déterminant. La Bretagne est une terre de handball, avec déjà le BBH à Brest, Cesson doit avoir sa part dans ce partage-là, même si on sait que ce n’est pas facile. 

Que pensez-vous du recrutement du CRMHB pour la saison prochaine ? 

Le recrutement je le juge toujours un peu sur pièce, et dans ce cadre il a un côté très séduisant, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec le président un certain nombre de fois. Après le recrutement c’est une chose, les résultats ça en est une autre. Il y a un aléa qui n’est pas toujours maîtrisable par les dirigeants sur la capacité à transformer un bon recrutement en bons résultats. Je pense que la saison de Cesson l’année prochaine sera réussie avec ce recrutement de qualité mais surtout bien sûr si les objectifs sportifs sont atteints, c’est-à-dire pour cette première saison se décrocher de la zone dangereuse et rester dans de ce qu’on appelle « le ventre mou » confortable de la Lidl StarLigue. L’effet de surprise comme l’enchaînement des matchs peut jouer. 
La règle numéro 1 quand on est un club comme Cesson, c’est que la Glaz Arena devienne une forteresse imprenable. C’est important pour l’état d’esprit, pour le public mais aussi pour les points. Il y a des équipes qu’il faut à tout prix battre à la Glaz Arena. Après contre des équipes comme le Paris Saint-Germain, Montpellier ou Nantes ce sont des matchs de galas, de prestige. Il faudra une détermination de tous les instants. 

Après cette période qui nous a tous touchés, comment pensez-vous que le handball français va réagir ? 

Le handball français est plutôt en bonne santé financière de manière globale, à son niveau bien sûr. On a la caractéristique dans un certain nombre de villes d’avoir les collectivités qui sont très très présentes même si dans certains cas, et c’est celui de Cesson, le secteur privé a une place également très importante. Donc d’un point de vue financier je pense que les clubs sont bien organisés avec les mesures que l’Etat a mises en place. Ce qu’il faut surveiller de près c’est la capacité des clubs à accueillir des spectateurs. 
Aujourd’hui les finances des clubs s’appuient énormément sur la billetterie, qu’elle concerne le grand public ou les hospitalités (avec les partenaires). Il faut les deux, si dans une salle tu n’as que des partenaires il va te manquer quelque chose d’essentiel, la passion. Il faut que les gens vibrent tous ensemble à l’image de ce que font par exemple Nantes, Montpellier ou Chambéry. 

Enfin, que pouvez-vous nous dire de la diffusion des matchs de handball par beIN SPORTS la saison prochaine ? 

On laissera au président de la ligue et probablement la direction de la chaîne l’annonce exclusive du dossier, mais ce que je peux dire aujourd’hui c’est que l’on a la chance d’avoir un opérateur (en l’occurrence beIN SPORTS) qui traite le handball de manière remarquable, avec une collaboration avec la ligue qui fonctionne parfaitement et qui va tenir compte de ce bouleversement dans le calendrier, afin de ne pas pénaliser les clubs qui eux ont besoin de jouer en semaine pour continuer d’attirer des partenaires. Ce n’est pas à moi d’annoncer ça, mais je connais la bienveillance de beIN SPORTS par rapport au handball et donc je suis certain que les choses vont aller dans le bon sens.